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D'Elles

Une annee s'en va, une autre s'en vient

31 Décembre 2014, 16:06pm

Publié par D'Elles

Une fois de plus, une année s’en va pour qu’une autre s’en vienne. Et comme la courtoisie l’exige, une fois de plus se présente à nous l’opportunité de souhaiter la bonne année les uns aux autres. En fait, qui n’est pas au courant de cette tradition et quel est celui qui n’y prend point part ? En effet, tous, nous y prenons régulièrement part à cette tradition qui contrairement à bon nombre d’autres traditions se présente sous un jour anodin. Cependant, depuis l’année 2010, j’ai perdu de mon entrain, je suis donc devenu réticent. La raison est tout aussi simple que dure. En cette année, j’avais, comme tant d’autre, j’imagine, formulé des vœux qui auraient dû demeurer valable pour l’année entière. Or voilà que douze jours plus tard ces derniers se sont tout à fait révélés inutiles. Un funeste évènement a voulu que bon nombre de ceux à qui on avait formulé des vœux de bonne santé, fussent estropiés, blessés, voire tués… De même bon nombre de ceux à qui on avait formulé des vœux de prospérité allaient être ruiné. Et quand je songe à cela, je me suis dit à quoi bon souhaiter la bonne année ? De toute façon, le souhait ne fait jamais l’année. On peut beau être éloquent dans nos formulations, l’année n’en suivra pas moins son cours. Pénétré de ces idées, je me suis donc laisser aller jusqu’à ne plus être de tout enthousiasme à l’idée de souhaiter la bonne année à la veille d’un nouvel an. Même je n’en décourage tout bonnement. Nous reste-t-il vraiment des années bonnes à vivre ? N’avons-nous pas déjà vécu nos âges d’or de sorte que le reste de nos temps serait semblable au commencement de la fin ? N’avons-nous pas déjà épuisé notre provision de beauté de sorte que ne nous reste que les laideurs, les insalubrités ?

Paradoxalement, ce sont ces genres d’idées qui renouvellent en moi l’envie de dire la bonne année. Justement parce qu’on croit que l’on est au bout du chemin de la beauté, je sens plus fort encore le besoin d’ébruiter ces mots, de les partager avec tous et chacun. Et il me semble que les garder pour moi équivaudrait à un crime, un vol, une séquestration. Ainsi je veux les dire à tous et à chacun. A ceux qui sont au loin, séparé de nous par des kilomètres de mers, des vastes étendus de sables ou de grandes coulées de mornes. Mais je les veux partager aussi à celui-là qui est juste en face de moi, à ce visage familier que l’on rencontre au coin de la rue. Je le veux crier sur tous les toits des maisons, je les veux murmurer lentement à toutes les oreilles. Je reste convaincu que l’on peut créer le beau temps sur terre. Et à ceux-là qui ignoreraient ce fait capital, je leur enjoindrai de compulser les pages de l’histoire ; et regarder si jamais une année a été bonne ou mauvaise en elle-même. Au contraire, c’est à nous que l’on a toujours dû les bonnes ainsi que les mauvaises années. En effet, c’est à nous et à nous seul-es que l’on doit les années meurtrières de guerres. J’ai le regret de déplaire aux amateurs de prophéties, fouineurs de parchemins ténébreux en quête de prédictions. Nulle part, il n’était noté que ces années, loin d’être retenues comme celles où l’on a gagné en humanité, devraient être celles au cours desquelles ils offrent le théâtre de l’Holocauste. Nulle part ! Nous seul-es en a ainsi décidé. Il n’est pas dirigé par des mains invisibles, aimanté par des pulsions cachées…Illusions, fantasme ! Et c’est en connaissance de ce fait qui sonne autant comme une éloge que comme une sévère inculpation à notre égard que je tiens à dire qu’en ce nouvel an, il nous faut tout faire de ce qu’on n’a pas encore fait de nécessaire ; tout refaire de ce qu’on a déjà fait de meilleur ; se défaire de tout ce qu’on avait fait de vulgaire ; enfin de parfaire tout ce qu’on aura à faire d’extraordinaire.

En effet, quand une année nouvelle ouvre son éventail de jours et de nuits devant nos yeux, je suis d’avis qu’on l’envisage comme une panoplie d’opportunités qu’il nous faut apprendre à profiter au maximum pour agir. Car je crois que nous ne sommes pas nés pour cogiter sur nos sorts, pour nous apitoyer sur nos peines, Mais seulement pour voir, penser et agir. Et de toutes façon, voir et penser sont eux aussi valeur d’agir. Donc, on est condamné à agir. Notre vie se résume donc à nos actions. Ce sont elles qui nous donnent un nom, qui dicte nos caractères ; ce sont elles qui nous posent devant nos semblables. Cependant toute action n’a pas la même valeur ni la même résonance.

Ainsi, il y a beaucoup de choses qu’il nous faut faire. En fait, il nous faut tout faire de ce qui est nécessaire d’être fait et qu’on n’avait pas toujours su poser les actions pendant les années précédentes. En cette nouvelle année, nous devons prendre la décision de faire tout ce qui est nécessaire de faire et qu’on n’a pas su faire jusqu’à maintenant. Comme on avait également posé des actions au cours des années précédentes. Alors, il nous faut tout simplement penser à refaire ce qu’on a déjà fait de meilleur. Alors que l’on va se mettre à faire ce qu’on n’a pas encore fait de nécessaire, il nous faut également penser à réitérer ce qu’on a déjà accompli de meilleur pendant les années précédentes. Par ailleurs, n’avait-t-on pas également posés des actions répréhensibles, des actions odieuses dont on n’ose même pas que l’on découvre. Justement, au cours de ce nouvel an, il nous faut penser à nous défaire de tout ce qu’on a fait de vulgaire, de terre à terre. Il nous faut nous délester de tous nos tares, de tous nos revers, de toutes nos mauvaises inclinaisons. Allégeons-nous, enlevons les scories pour pouvoir extraire du minerai le beau métal de notre être. Certes, l’opération ne sera pas facile. Mais c’est la facilité elle-même qu’il nous faut frapper d’ostracisme. Facilité rime avec banalité ! C’est à elle qu’il nous faut nous attaquer. Car rien de grand,rien de noble ne se fait dans la facilité, le simplisme. Tout ce qui précède exige de l’ardeur, du zèle, de l’abnégation, de l’effort, du sacrifice, de la conviction. Ainsi je vous convie à entrer dans une ère nouvelle, aux abords de ce nouvel an. Ce serait fâcheux de croire que je vous parle d’une hauteur de demiurge, comme celui-là qui vous invite à faire ce qu’il a déjà fait, celui-là qui vous invite à combattre ce qu’il a déjà vaincu. Je suis des vôtres. Je suis soldat du même corps, je suis pris dans les mêmes démêlées que vous tous. De sorte que mes propos valent pour moi, le premier. C’est surtout la fortune que promet la réalisation de tel idéal qui me motive davantage. Car si effectivement, on fait ce qu’on n’a pas encore fait de nécessaire, si vraiment on refait ce qu’on a déjà fait de meilleur, et si réellement on se défait de tout ce qu’on a fait de vulgaire ; alors je suis sûr, certain, convaincu que tout ce qu’on aura à faire ou mieux encore à parfaire aura une odeur d’extraordinaire. Un héroïsme au quotidien pour une amélioration lente, continue mais certaine de nous-mêmes.Comme l’avait dit Jacques Stephen ALEXIS, oui l’année 2014 peut être une année de belle amour humaine. Et croyez-moi que je n’aurais pas du tout pris le temps de raturer cette feuille si j’avais pas partagé,avec le poète chilien Pablo NERUDA, la foi absolue dans le destin de l’homme, si je n’avais pas cette conviction chaque jour plus consciente que nous approchons de la grande tendresse. En fin de compte, soyons-en certain : l’année 2014 ne sera pas bonne d’elle-même, mais seulement si nous nous chargeons de la rendre bonne. Il y a jamais d’années bonne ou mauvaise, car c’est toujours à nous, peuples d’hommes de tous pays, de toutes les langues et de toutes les contrées qu’il revient la haute responsabilité de les bonifier.